L’excision : coutume ou sauvagerie ?
Ces dernières années, nous avons connu de nombreuses polémiques concernant la pratique de l’excision, aussi nous n’entrerons pas dans les détails au cours de cet article.
Notre objectif ici est donc de savoir en quoi exciser ou non une femme augmente ou diminue ses vertus ou encore quels bienfaits cela procure t’il à la femme excisée et de quel mal affecte t’il la femme non excisée ?
Pour répondre à ces questions nous allons remonter aux origines de cette pratique.
L’excision, tout comme la circoncision existe depuis des siècles, bien avant même l’arrivée de l’islam. Pour ainsi dire, cette pratique est apparue depuis l’époque pharaonique.
L’excision n’est pas du tout une pratique imposée par l’islam, elle est seulement conseillée.
Je ne sais pas si c’est le manque de connaissance qui justifie le fait que les premiers pratiquants de l’excision n’ont pas déclaré cette pratique dangereuse pour la femme. Elle a en effet toujours été bien accueillie jusqu’à notre époque où des voix ont commencées à s’élever contre cette pratique.
Rappelons également que certains pratiquent l’excision par conviction religieuse alors que d’autres le font par simple tradition.
J’aimerais attirer l’attention des éventuels intervenants sur ce sujet : avant de donner un quelconque avis sur la question je pense qu’il est important de prendre en compte les critères suivants :
- Quelle place occupons-nous dans ce sujet de l’excision ?
- A quelle communauté appartenons-nous ?
- De quelle religion sommes-nous ?
Pour ma part, en réponse à ces interrogations je dirais pour la première question que j’occupe à propos de ce sujet, une position neutre mais j’aimerais préciser qui je suis en réalité. Je fais parti d’une communauté qui pratique l’excision depuis longtemps sans avoir pour autant entendu parler ni été témoin des problèmes causés par l’excision, que ce soit du côté du désir sexuel ou de l’accouchement. Je n’ai en effet appris les problèmes causés par l’excision que tout récemment, c’est-à-dire au courant de ces dix dernières années. En tout cas, au sein de ma communauté l’excision est bien vue et toujours appliquée, elle n’a jamais été responsable d’aucun problème.
Pour répondre à la deuxième question je dirais que ma place est celle d’un simple être humain dont le rôle n’est pas d’imposer la circoncision aux hommes et encore moins la pratique de l’excision sur les femmes.
Pour la troisième question : je suis un africain musulman et j’estime qu’avant de polémiquer sur l’excision de la femme en Afrique, il y’a des problèmes plus urgents et plus importants à régler pour améliorer le sort de la femme africaine telles que sa santé, sa vie conjugale et sociale, son instruction et sa participation au développement de la société, tant sur le plan social qu’économique.
Comme vous le savez la femme africaine est confrontée à de nombreux problèmes. Il y’a par exemple des endroits en Afrique dépourvus de maternités où les femmes ne bénéficient d’aucun suivi médical du début de la grossesse à l’accouchement.
D’ailleurs, le nombre de femmes qui accouchent dans ces conditions est beaucoup plus important que celui des femmes qui accouchent dans des hôpitaux avec l’aide de gynécologues et de sages femmes.
Je dirai donc qu’il faut tout d’abord lutter pour éradiquer la pauvreté et les grandes pandémies qui causent tant de souffrances en Afrique avant de polémiquer sur des problèmes certes important mais moins direct sur l’évolution du continent africain.
En ce qui concerne la question du pour ou contre l’excision, si le mal causé par cette pratique constitue un danger réel pour la femme, alors je suis contre, mais il nous faut tout de même se demander combien de femmes se sont plaintes des problèmes de l’excision et combien ne l’ont pas fait et pourquoi.
Pour vous donner une parabole, je dirai que nous sommes assis sous un grand arbre ombragé qui est en train de perdre ses feuilles aussi, pour profiter de l’arbre, faut-il commencer par soigner ses racines ou ses feuilles ?
En conclusion, je pense que nous devrions polémiquer sur l’avenir de l’Afrique toute entière et soigner cet arbre par ses racines qui en sont le cœur.



