L’homme peut-il vivre sans croyance ?
Certaines personnes affirment ne pas croire en l’existence de Dieu et pourtant ils viennent de déclarer leur croyance en ces propos mêmes sans en avoir
conscience, dans la mesure où ne pas croire se transforme rapidement en une forme de croyance ayant ses propres caractéristiques. Cela explique d’ailleurs pourquoi l’on dit « ma croyance à
moi c’est de ne pas croire ».
Car la non croyance peut être considérée comme une religion à part entière avec ses préceptes,
ses principes, ses adeptes mais aussi ses intégristes, à l’image des croyant . La différence entre croyants et non croyants réside dans le fait
que les non croyants n’ont pas de divinité à laquelle vouer un culte religieux, leur divinité à eux étant la passion de l’âme. Ils suivent donc à la lettre les prescriptions de leur âme . Les
exemples de la croyance en l’amour, en l’argent, au matérialisme, en la science et à tout ce qui est concret illustre parfaitement ce propos.
La croyance innée en Allah, exempte de toute intervention humaine représente-t-elle la croyance authentique guidant les hommes vers
Allah ? Ou bien, au contraire, la vraie croyance n’est-elle pas celle que l’homme a acquis à travers la sensation en soi de l’existence d’un être supérieur (l’homme peut ressentir
intérieurement l’existence d’une force supérieure mais sans avoir la capacité ni la possibilité de la localiser, de la définir) ?
Certaines personnes sont incapables de cerner cet Etre, cette présence, aussi préfèrent-ils s’attacher à des choses matérielles dotées d’une certaine
puissance et se mettent à les adorer (le feu, le soleil, la lune…) et les substituent à l’Etre supérieur insaisissable.
D’autres, quant à eux cherchent inlassablement des réponses à leurs interrogations sur Allah :
Qui est-il, comment est-il, de quoi est-il ?
C’est ainsi que, sans réponses concrètes et satisfaisantes à ces interrogations, certaines personnes finissent par dire « nous ne croyons en
rien ».
Nous sommes donc ici en présence de deux catégories de gens : ceux qui renient totalement l’existence d’un
Dieu (كافر بالله) et ceux qui ne croient en rien les athées (ملحد).
Pour donner une explication mesurée et raisonnable, jetons un œil sur nos prédécesseurs : y’a t-il eu parmi
eux des gens qui n’ont jamais cru en rien simplement parce qu’ils ne trouvaient pas de réponses à leurs interrogations sur l’existence de Dieu ?
Nous pouvons constater que la plupart des combats ayant opposé les prophètes à leurs peuples ont eu pour but d’imposer l’existence d’un Dieu unique, seul
Etre digne d’être adoré, à l’exclusion des divinités inventées par les hommes eux-mêmes.
Car l’homme sait et reconnaît la véracité de l’existence d’Allah et aucun Prophète n’a été envoyé à son peuple sans que la base de sa prédication ne repose
sur la diffusion et l’expansion de l’unicité de Dieu.
Il en ressort que le fait de dire je ne croie en rien est une parole inventée, que les hommes se sont mis à dire pour un certain nombre de choses parmi lesquelles on peut citer : l’environnement, la société, les événements etc.
Analysons à présent l’évolution des mouvements et des événements par rapport à la croyance et aux multiples interrogations que l’homme s’est posé, que nous
avons invoquées précédemment.
Pour mieux comprendre l’objectif visé ici, prenons l’exemple de la France qui, historiquement, a fait partie des pays où la plupart des habitants étaient
croyants. C’est pourquoi dire qu’à cette époque près de 90% de ses habitants étaient croyants n’est pas
une erreur.
La France n’a donc cessé d’être dans la chrétienté et la croyance qu’à une époque très récente, époque à laquelle elle est devenue complètement
laïque.
C’est alors que sont apparus certaines personnes qui ont affirmés ne croire en rien du tout, nous n’aurons pas besoin ici d’entrer dans les détails et de
citer des exemples, car la séparation de l’église et de l’Etat est connue de tous.
Ce que l’on doit se demander c’est plutôt si le déroulement des événements n’est pas responsable de l’évolution de notre environnement, qui à son tour
pourrait être tenue responsable des changements connus au sein des coutumes, religions, et traditions ?
Ainsi l’homme ne cesse de se poser des questions dont les réponses interviennent dans l’environnement, qui influence ou non la croyance chez l’homme,
l’environnement le plus influent étant celui de la maison, puis celui de la société…
Comme l’a si bien dit le Prophète Mohamed « chacun né avec la croyance innée ». Ce hadith prophétique souligne la manière dont la croyance nous
vient, si elle n’est pas altérée.
On constate par exemple chez l’homme que même lorsqu’il est soumis à ses passions, il ressent tout de même l’existence d’une chose plus forte, plus
puissante, plus savante et plus noble que lui-même.
Cette présence étant tellement plus haute, plus grande que lui, que cette situation dans laquelle cet homme se trouve ne cesse de prendre de l’importance et
de l’ampleur à un degré tel qu’il lui devient impossible de définir le phénomène. Cette incapacité de définition dont nous parlons ici correspond à une affirmation (soufique) qui
soutient l’idée suivante : « quand tu deviens incapable d’atteindre le but recherché, c’est que tu l’as atteint » العجز عن درك الإدراك
إدراك.
Malheureusement il existe quelque chose qui empêche l’homme d’atteindre cet objectif, c’est le diable banni qui s’oppose toujours à l’homme dans la
réalisation de ses objectifs.
Cet argumentaire nous conduit à l’histoire du Prophète Abraham, qui est apparu dans un contexte social de lutte. Les hommes se trouvaient en effet au sein
d’une grande polémique au sujet de Dieu car ils adoraient plusieurs divinités. Le Prophète Abraham lui se détourna de son peuple égaré et n’adora plus qu’une seule divinité, Allah.
Nous voyons à travers la mention de cet exemple que la croyance est une chose simple car il n’existe aucun homme qui affirme ne croire en rien sans qu’il ne
devienne croyant à l’instant même ou il prononce ces propos.
Sa croyance est altérée par quelque chose qui peut être soit l’environnement, soit la société, mais l’existence de Dieu demeure toujours enracinée dans
l’esprit de l’homme qu’il soit en état de veille ou endormi.
L’homme observe à travers les événements des éléments qu’il n’apprécie pas tels que l’exagération, l’intégrisme, la diversité et l’opposition des religions,
la mal interprétation de celles-ci.
Tous ces éléments sont des facteurs qui sèment le doute chez l’homme, mais dans ce contexte, si nous jetons un regard dans le Coran, nous verrons qu’il y a
dedans un chapitre court dont la seule lecture équivaut à trois fois celle du Coran entier et cela parce que ce chapitre repose sur l’unicité de Dieu.
Ce chapitre montre que Dieu est unique, qu’il n’a pas engendré, n’a pas été engendré, et n’est égal à rien.
Toute personne qui aurait saisi la portée de ce chapitre Coranique s’apercevra que le principe de base des trois religions monothéistes est le même, celui
d’inviter les hommes à adorer un seul Dieu unique.
Pour conclure voici un rappel du chapitre n°2 du Saint Coran : dans la Vache et le verset N°213 du même chapitre, il apparaît que le problème n’est pas
lié à l’existence de Dieu mais à l’environnement.
Ainsi aucune religion n’apparaît sans être liée au contexte et à l’environnement social des hommes.
Par ailleurs personne ne doute que l‘humanité toute entière ne peut descendre d’Adam, et d’Eve, à l’exception des évolutionnistes et de leurs
semblables.
C’est ainsi qu’il arrive des moments où chaque personne se demande « qui m’a crée ? » mais c’est aussi à cet instant que l’environnement
intervient en influençant l’homme dans ce qu’il recherche.
S’il est vrai que les premiers hommes furent Adam et Eve, il apparaît sans doute que ces derniers n’ont pas nié l’existence de Dieu.